Cimetière paroissial de Caucade

Réparation de l'église du cimetière paroissial de Caucade : appel à participation


Le cimetière paroissial orthodoxe de Caucade est ouvert le jeudi et le samedi matin de 9h à 12 h,

le vendredi et le dimanche après-midi de 14h à 17h.


Histoire du cimetière russe de Caucade

« Avant la création en 1867 d’un cimetière orthodoxe, nos coreligionnaires étaient inhumés dans un carré du cimetière du Château, réservé aux chrétiens non catholiques romains. Les personnes dépourvues de moyens étaient enterrées là pour un temps limité…»

 

L’idée de fonder à Nice un cimetière orthodoxe fait logiquement suite à la consécration dans cette ville de l’église « gréco-russe » de la rue Longchamp, en 1860.

Recteur de l’église de la rue Longchamp, le père V. Polejaieff consacre toute son énergie à la réalisation d’un cimetière orthodoxe. 

Il réunit l’argent nécessaire en convaincant l’assemblée des fidèles (dont les dons faisaient vivre l’église) de la nécessité de compléter les fonds en puisant dans les revenus des capitaux inviolables de l’église.

Il parvient à obtenir des autorités locales l’autorisation de fonder un cimetière comme en témoigne l’arrêté préfectoral du 4 août 1866. 

Il obtient enfin l’accord de Sa Majesté Impériale de dédier ce cimetière à la mémoire du tsarévitch Nicolas.

Ces formalités accomplies, l’administration de l’église acquiert enfin le 5 janvier 1867, par-devant notaire, un terrain qui sera béni peu de jours après. 

Le 5 mai, on pose la première pierre de la chapelle pour laquelle la comtesse Anna Tolstoï offrit, en mémoire de son mari décédé à Nice, les deux tiers de la somme nécessaire à son achèvement.

L’accès au cimetière, un simple sentier, était trop étroit pour le passage des convois, et les administrateurs de l’église « gréco-russe » s’adressèrent à ceux de l’église anglaise, les priant de leur accorder une servitude de passage en bordure de leur terrain. Cette servitude fut accordée gratuitement et fit l’objet d’une convention le 11 mai 1867 dans laquelle étaient consignés de façon précise les droits des cédants et les obligations des preneurs.

Le cimetière devint le lieu de sépulture pour les résidents permanents ou pour ceux dont les parents ne pouvaient se permettre d’envisager un rapatriement des dépouilles en Russie. 

 

Avec l’arrivée massive des émigrés après la Révolution de 1917, le cimetière joue symboliquement un tout autre rôle : retrouver, loin de la patrie perdue, une terre consacrée, sanctifiée par la présence muette de ceux qui y goûtent le repos éternel. 

 

En novembre 1924, les églises russes de France sont mises sous séquestre judiciaire. L’administration diocésaine de l’Église orthodoxe russe en Europe Occidentale ainsi que les membres de l’Association cultuelle orthodoxe russe de Nice obtiennent néanmoins devant la justice française l’annulation de cette mesure. 

 

Dans ce contexte mouvementé, le comte V. Kokovtseff, ancien président du Conseil en Russie et membre du conseil diocésain, s’inquiète de rumeurs concernant la fermeture du cimetière russe de Nice : « Jamais le nombre de mes coreligionnaires à Nice n’a été aussi grand qu’à présent, et jamais non plus la nécessité de disposer d’un cimetière appartenant à notre église ne s’est révélée aussi indispensable qu’aujourd’hui, vu que les réfugiés russes à Nice et dans les environs représentent plusieurs centaines de résidents avec leurs familles, qui, pour la plupart, se trouvent dans une situation des plus difficiles. »  

Dans une lettre au maire de Nice, il ajoute : « La paroisse de l’Église orthodoxe russe à Nice existe depuis plusieurs années comme Association Cultuelle, sous le régime des lois de 1905… Elle est dûment enregistrée à la Préfecture des Alpes-Maritimes. Après mise sous séquestre des différentes églises en France – parmi elles les trois églises de Nice, la cathédrale du boulevard Tsarévitch, l’église de la rue Longchamp, le cimetière de Caucade –, la question de leur caractère, comme propriété privée appartenant à notre Église et gérée par l’Association Cultuelle a été définitivement réglée par décision du Tribunal Civil de la Seine, en date du 26 mai 1925. » 

 

 

 

 

En février 1931, comme un écho à ces affirmations, une commission constituée de P. V. Onoprienko, marguillier de la paroisse, de l’amiral A. A. Khomenko et de A. S. Tchoudinov, décide la création d’une tombe commune pour faire face aux nombreuses demandes des familles de leur accorder des places gratuites au cimetière.

 

 

Cette tombe « fraternelle » de quatre cents places est située à l’arrière de la chapelle du cimetière. Il est prévu que les ossements soient déposés dans cette tombe cinq ans après avoir été mis provisoirement en terre et que les noms des défunts soient gravés sur une plaque de marbre.